Actu

Louis Sarkozy et son tatouage mystérieux : hommage à Rome ou clin d’œil au fascisme ?

Un détail sur un bras peut-il réveiller des fantômes du passé ? C’est ce que suggère une photo de Louis Sarkozy, dont le tatouage fait désormais l’objet d’un débat national. Certains y voient un symbole antique noble, d’autres un rappel troublant du fascisme italien. Alors, simple passion pour l’histoire… ou message politique codé ?

Le faisceau des licteurs : un symbole ancien au cœur d’un débat moderne

Le motif en question est clair : un faisceau de licteurs, composé de baguettes liées autour d’une hache. Originaire de la Rome étrusque, il incarnait le pouvoir judiciaire absolu — celui de punir et d’exécuter. Adopté par les magistrats romains, il a traversé les âges comme emblème de l’autorité légitime.

Pourtant, dans les années 1920, Benito Mussolini en fit le logo central du Parti national fasciste. Depuis, ce symbole porte une double identité : héritage républicain d’un côté, stigmate autoritaire de l’autre.

Pourquoi cette polémique éclate-t-elle maintenant ?

La professeure Cécile Alduy, spécialiste de civilisation française à Stanford, a relancé la controverse sur X. “Louis Sarkozy porte l’emblème des fascistes italiens de Mussolini sur l’avant-bras. Et ça n’émeut personne”, écrit-elle, alors qu’il est candidat aux municipales à Menton sous l’étiquette Renaissance.

Sa publication, accompagnée d’une photo du tatouage, a immédiatement divisé les internautes. Entre ceux qui crient à la récupération historique et ceux qui défendent une lecture classique, le débat dépasse largement le simple motif encré dans la peau.

 

Qu’en disent les experts en histoire du droit ?

Soazick Kerneis, professeure à l’université Paris-Nanterre, nuance fortement l’interprétation fasciste. “Ce symbole existait bien avant Mussolini — il date de la fondation de Rome”, rappelle-t-elle. Les verges représentaient la discipline collective, la hache le pouvoir de vie et de mort.

À la Révolution française, le faisceau fut réapproprié comme symbole de la souveraineté nationale. “Les révolutionnaires utilisaient une hache bipenne, sans lien avec la guillotine”, souligne-t-elle. Aujourd’hui encore, ce motif figure dans les armoiries officielles de la République française.

Un héritage ambigu dans un contexte électoral sensible

Le vrai sujet n’est donc pas tant le dessin lui-même que son port par un candidat politique en 2026. Dans un climat tendu, chaque symbole est scruté. Et si Valéry Giscard d’Estaing a utilisé ce même emblème sur son drapeau présidentiel sans susciter de scandale, l’époque a changé.

Alors, le tatouage de Louis Sarkozy est-il un hommage à la grandeur romaine… ou une référence maladroite à une histoire sombre ? La réponse dépend autant de l’intention que de la mémoire collective — et de ce que les électeurs de Menton décideront de retenir.