Actu

Le 18 janvier, leur compte vire au rouge : le piège du découvert qui piège des millions de Français

En 2026, le calendrier financier de nombreux ménages ne suit plus les mois — il suit le solde de leur compte. Dès le 18 janvier, près de 25 % des Français basculent dans le découvert bancaire. Ce n’est plus un imprévu. C’est une fatalité mensuelle, orchestrée par la hausse des prix, des loyers et des factures, face à des revenus qui refusent de suivre.

Qui se retrouve à découvert dès la mi-janvier ?

Les profils sont variés, mais les causes convergent. Les jeunes actifs en location, les jeunes parents submergés par les frais de garde, les retraités confrontés à des pensions gelées… Tous partagent la même réalité : un budget tendu à l’extrême.

Même les fonctionnaires, pourtant perçus comme stables, ne sont pas épargnés. Adeline, avec ses 2 500 euros nets, épuise son autorisation de découvert bien avant le 30. « Tout a augmenté, sauf mon salaire », résume-t-elle, entre amertume et résignation.

Pourquoi le découvert bancaire devient-il inévitable ?

Les prélèvements s’alignent dès le 1er : loyer, mutuelle, assurance habitation, forfaits mobiles, abonnements, impôts locaux. En quelques jours, le compte est vidé. Le salaire arrive, mais il ne suffit plus à tout couvrir. Le découvert n’est alors pas un choix — c’est une nécessité.

François, retraité, décrit un cycle infernal : sa pension sert à rembourser les dettes du mois précédent. Le nouveau mois commence déjà dans le rouge. « Je vis à crédit sur mon propre argent », dit-il.

Le rôle ambigu des banques dans cette spirale

Les banques offrent des autorisations de découvert allant jusqu’à 1 000 euros, voire plus. Officiellement, c’est un service d’urgence. En pratique, c’est souvent un piège financier. Agios, frais de rejet, commissions d’intervention… Ces coûts cachés creusent encore davantage le déficit.

Et pourtant, sans cette marge, les prélèvements seraient rejetés. Les conséquences — fichage Banque de France, coupures de services, stress accru — seraient pires. Le système entretient donc sa propre dépendance.

Vie chère en France : quand chaque euro compte

L’inflation n’a pas ralenti. L’énergie, l’alimentation, les transports, les soins de santé… Les dépenses incompressibles absorbent désormais plus de 70 % du revenu moyen. Le moindre imprévu — une panne de voiture, une dent à soigner — suffit à faire basculer le budget.

Philomène, mère de deux enfants, résume l’absurdité du quotidien : « On travaille plus, on gagne pareil, et on peut moins. » Même les retraités, autrefois considérés comme à l’abri, parlent désormais de honte. Après une vie de labeur, se retrouver à découvert dès le 10 semble injuste.

Entre jugement moral et réalité sociale

Certains accusent les ménages de manquer de rigueur. D’autres rappellent que la crise économique structurelle rend l’équilibre impossible. Cumuler deux emplois, renoncer aux soins, compter les centimes… Ce n’est pas de l’irresponsabilité. C’est de la survie.

L’éducation financière reste essentielle, mais elle ne remplit pas le frigo. Elle n’annule pas le loyer. Et elle ne relève pas les salaires.

Un phénomène en expansion : le fin de mois difficile devient norme

Selon une étude récente menée par Les Furets et CSA Research, la proportion de Français en découvert avant le 20 janvier a encore augmenté en 2026. Ce n’est plus une exception marginale. C’est une tendance de fond, silencieuse mais massive.

Derrière chaque chiffre, il y a une angoisse. Un calcul permanent. Une peur sourde de la prochaine facture. Et surtout, un sentiment partagé : celui d’être pris dans un cercle infernal dont personne ne semble vouloir — ou pouvoir — sortir.