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Jack Lang sous escorte : les 673 messages à Epstein qui ont tout fait basculer

Une semaine de tempête pour l’ancien ministre de la Culture. Jack Lang, figure historique de la gauche française, se retrouve sous protection policière après une avalanche de menaces. La publication des documents américains sur Jeffrey Epstein a révélé des échanges compromettants qui ont précipité sa chute de l’Institut du monde arabe. L’Élysée n’a pas hésité : démission exigée, protection déployée.

La protection policière, une mesure exceptionnelle

Jack Lang et son épouse Monique vivent désormais sous escorte permanente. Cette décision, rarement appliquée à une personnalité politique hors fonction active, témoigne de la gravité des menaces reçues. Depuis la publication des archives judiciaires américaines le 30 janvier 2026, l’ancien ministre est devenu la cible d’intimidations multiples.

Des sources proches du ministère de l’Intérieur confirment le caractère sérieux de ces menaces. Dans le paysage politique français, un tel dispositif de sécurité symbolise l’ampleur de la crise personnelle et institutionnelle traversée par l’ancien compagnon de route de François Mitterrand.

La convocation au Quai d’Orsay : le point de non-retour

Dimanche 9 février 2026, Jack Lang était convoqué au Quai d’Orsay à la demande conjointe du président Emmanuel Macron et du ministre Sébastien Lecornu. Cette convocation impromptue a précédé de quelques heures seulement sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe, fonction qu’il occupait depuis près de dix ans.

L’entourage présidentiel n’a pas laissé de place à l’ambiguïté : la position de Jack Lang devenait incompatible avec les révélations américaines. L’ancien ministre, contraint et forcé, a présenté sa démission samedi soir, mettant fin à une carrière institutionnelle exemplaire mais désormais entachée.

Les documents qui accablent

Les archives déclassifiées par le département de la Justice américain contiennent pas moins de 673 références au nom de Jack Lang dans la correspondance de Jeffrey Epstein. Ces documents, rendus publics fin janvier, exposent des échanges bien plus intimes que ce que l’ancien ministre avait admis jusqu’alors.

Dans un courriel daté de 2017, Jack Lang écrivait à Epstein : « Cher Jeffrey, votre générosité est infinie ». Il ajoutait avec une familiarité surprenante : « Puis-je encore abuser ? » avant de solliciter le milliardaire pour un transport en voiture vers une réception en banlieue parisienne. Ces messages, révélés par Marianne, contredisent frontalement ses déclarations précédentes.

Une enquête qui pourrait s’accélérer

Le Parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée ». Cette procédure judiciaire, encore en phase exploratoire, pourrait prendre une ampleur considérable si de nouveaux éléments venaient à émerger des archives américaines.

Jack Lang maintient sa version des faits avec fermeté : « Je suis blanc comme neige », répète-t-il depuis le déclenchement de l’affaire. Il reconnaît avoir rencontré Epstein dans des cercles culturels et philanthropiques, mais affirme n’avoir jamais eu connaissance des activités criminelles du financier avant son incarcération en 2019.

La réaction de son avocat

Me Laurent Merlet, avocat de l’ancien ministre, s’est exprimé samedi sur BFMTV. Il a décrit son client comme « très triste de quitter une institution muséale qu’il aime beaucoup » mais « extrêmement combatif ». L’homme de loi a promis que Jack Lang « ne laissera pas les calomnies prendre le terrain ».

Cette position défensive contraste avec la rapidité de la réaction de l’exécutif. L’Élysée, soucieux de préserver son image face à un scandale international, n’a pas attendu les conclusions de l’enquête judiciaire pour exiger le départ de l’ancien ministre. Un précédent qui pourrait inspirer d’autres décisions similaires dans les semaines à venir.

Les conséquences pour l’Institut du monde arabe

L’Institut du monde arabe, joyau culturel financé par des fonds publics et des contributions étrangères, se retrouve orphelin de sa figure de proue. La nomination d’un successeur devra être traitée avec la plus grande prudence, tant l’affaire Epstein a sensibilisé l’opinion publique aux questions de transparence.

Cette crise institutionnelle soulève également des interrogations plus larges sur les réseaux de pouvoir qui traversent le monde politique, culturel et financier français. Combien d’autres personnalités pourraient être citées dans les prochaines vagues de documents américains ? La question reste en suspens, alimentant les spéculations dans les couloirs du pouvoir.