Souveraineté économique : le plan choc de Macron contre Visa et Mastercard
Une dépendance risque pour l’europe
La situation actuelle expose une vulnérabilité majeure. Aujourd’hui, la majorité des transactions en Europe reposent sur des infrastructures étrangères. En France, bien que le système Carte Bancaire reste dominant avec 77 millions de cartes en circulation, la plupart des supports sont dits co-badgés. Cela signifie qu’ils fonctionnent simultanément avec le réseau national et avec Visa ou Mastercard. Cette dualité permet l’usage international, mais elle renforce une dépendance structurelle.
Le chef de l’État a alerté sur les conséquences potentielles. Renoncer à maîtriser les paiements reviendrait à accepter que le cœur des transactions dépende d’acteurs non alignés avec les intérêts européens. Les réseaux américains sont soumis au droit des États-Unis. En cas de tensions internationales, cette soumission juridique pourrait menacer la sécurité des échanges et la continuité de l’économie française.
Wero et l’initiative de paiement européenne
Pour contrer cette hégémonie, l’Europe mise sur des initiatives communes comme l’European Payments Initiative. Dans ce cadre, le projet Wero se positionne comme une alternative concrète. Il propose déjà des paiements instantanés entre particuliers et vise à s’étendre aux commerçants. L’objectif est clair : offrir une solution paneuropéenne qui conserve les données et les flux financiers sur le continent.
Car l’enjeu est aussi financier. Chaque paiement effectué via les réseaux américains génère des commissions dont une partie est captée hors d’Europe. À grande échelle, ces flux représentent plusieurs milliards d’euros qui échappent à l’économie locale. À l’inverse, les transactions réalisées via le réseau national permettent de maintenir ces revenus au sein du territoire, soutenant ainsi les acteurs locaux face à l’essor des néobanques.
Les défis de la souveraineté numérique
La construction d’un système de paiement souverain apparaît comme un enjeu majeur pour les années à venir. Pourtant, le chantier reste complexe. La coordination entre les banques, les investissements élevés et une rentabilité encore incertaine constituent des obstacles sérieux. Malgré tout, la volonté politique est affichée. Il s’agit de garantir la capacité de l’Europe à décider par elle-même sur le dernier kilomètre de la souveraineté économique.
