Alerte sanitaire : les urgences en état d’urgence face à la grippe hivernale
Le système hospitalier français vacille sous le poids d’une épidémie de grippe particulièrement virulente. Alors que le froid s’installe durablement, les salles d’attente des urgences se transforment en zones de crise. Des professionnels de santé alertent : ce qu’ils vivent aujourd’hui est pire que le pic du Covid. Comment en est-on arrivé là ? Et surtout, quelles mesures sont prises pour éviter l’effondrement ?
La France entière touchée par le pic grippal
Depuis le début de la semaine, la grippe saisonnière 2025 frappe sans relâche. Aucune région n’est épargnée : de la Nouvelle-Aquitaine à l’Île-de-France, en passant par la Provence-Alpes-Côte d’Azur, les chiffres s’envolent. Le pic épidémique est officiellement atteint — et ses conséquences se font cruellement sentir dans les couloirs hospitaliers.
Le Samu, chargé de trier les cas avant orientation vers les urgences, enregistre un volume record d’appels. À Rennes, les lignes du 15 sont saturées depuis le week-end. « On n’a jamais vu ça, pas même en 2020 », témoigne Louis Soulat, vice-président de SAMU-Urgences de France.
Un système en sous-capacité hivernale
Pourquoi les patients se ruent-ils aux urgences ? Parce que les cabinets médicaux ferment en masse durant les fêtes. Sans accès à un généraliste, les familles n’ont souvent d’autre choix que de se diriger vers les hôpitaux, déjà fragilisés par des années de restrictions budgétaires.
Dans les Bouches-du-Rhône, la tension est extrême. Plus de 7 % des passages aux urgences sont attribuables à la grippe. Certains patients patientent jusqu’à 12 heures avant d’être vus. « C’est pire que le Covid », affirme Kader Benayed, représentant du syndicat Sud santé. Une déclaration rare, venant d’un terrain habitué aux crises.
Le recours à la réquisition médicale
Face à ce raz-de-marée, les autorités sanitaires locales ont déclenché des mesures d’exception. Une quinzaine de médecins réquisitionnés viennent d’être affectés en urgence dans les hôpitaux marseillais. Le syndicat Sud santé exige désormais le déclenchement officiel du plan blanc, dispositif d’urgence permettant de mobiliser rapidement du personnel et des lits supplémentaires.
Pourtant, cette crise n’est pas une surprise. « Ça se reproduit chaque hiver », rappelle Kader Benayed. La vraie question n’est plus seulement médicale, mais politique : pourquoi la préparation hivernale des hôpitaux reste-t-elle aussi insuffisante, année après année ?
Des termes qui résonnent comme des alertes
Derrière les expressions techniques — pic épidémique grippe, urgences saturées, plan blanc activé — se cache une réalité humaine urgente. Des milliers de personnes souffrent dans l’attente de soins. Et les soignants, épuisés, sonnent l’alarme avec une franchise inhabituelle.
