Actu

Moins 900 € par an : l’État va-t-il vraiment taxer les enfants ?

Un nouveau projet budgétaire fait planer l’ombre d’une baisse brutale des allocations familiales. À en croire certains députés, les foyers français pourraient voir leur budget amputé de près de 900 € par an dès 2026. Et cette fois, ce sont les adolescents de 14 à 17 ans qui seraient directement visés. Dans un hémicycle tendu, la colère monte face à ce qu’on qualifie désormais de « taxe sur les enfants ». Mais qu’en est-il réellement ?

Le PLFSS 2026 : un budget qui creuse les inégalités ?

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 a été adopté dans un climat fortement polarisé. Objectif officiel : réduire le déficit public. Pourtant, les économies envisagées semblent peser davantage sur les ménages que sur les grandes fortunes. En lieu et place d’une réforme fiscale ciblant les ultra-riches ou les actionnaires, le gouvernement mise sur une hausse discrète mais réelle de prélèvements indirects.

Le député Hadrien Clouet, membre du groupe La France Insoumise, n’a pas mâché ses mots. Selon lui, l’État « vide la caisse » sans toucher aux véritables leviers de justice fiscale.

TVA santé : un impôt injuste sur la consommation ?

L’une des mesures les plus contestées concerne l’extension de la TVA à des produits de première nécessité, comme les shampoings ou les produits d’hygiène. Techniquement, cette TVA participe désormais au financement de la Sécurité sociale. Concrètement, chaque achat devient une contribution indirecte au système de protection sociale, au détriment du consommateur.

« Vous payez un chèque à votre employeur dès que vous faites vos courses », a ironisé Hadrien Clouet. Une charge fiscale régressive, qui touche proportionnellement plus les ménages modestes que les plus aisés.

Complémentaires santé : cotisations en hausse

Le PLFSS introduit également une réforme d’un milliard d’euros sur les complémentaires santé, adoptée avec le soutien de la majorité présidentielle et des socialistes. Résultat : les cotisations vont grimper.

  • Un assuré de 25 ans paiera en moyenne 10 € de plus par mois.
  • Les plus de 70 ans pourraient voir leur facture augmenter de 80 € mensuels.

Une mesure présentée comme structurelle, mais perçue comme une énième ponction sur les classes moyennes et populaires.

Maladies chroniques : 300 € de moins en remboursements ?

Autre changement majeur : la révision du statut d’affection de longue durée (ALD). Certains patients atteints de pathologies comme le diabète de type 2 pourraient perdre une partie de leur couverture. Conséquence directe : une réduction estimée à 300 € par an sur leurs remboursements de soins.

Une décision justifiée par des économies nécessaires, mais critiquée pour son impact sur la santé publique et l’accès aux soins chroniques.

Allocations familiales : moins 900 € pour les adolescents

Le point le plus sensible du texte concerne la réduction des allocations familiales pour les enfants âgés de 14 à 17 ans. L’enveloppe annuelle par foyer serait amputée de 900 €, une somme loin d’être symbolique dans un contexte d’inflation persistante.

Pire encore : cette ponction viserait à financer un congé de naissance qui, selon les dires de la ministre, ne sera pas mis en œuvre avant 2027. « Vous faites payer les gens en 2026 pour un dispositif qui n’existera pas en 2026 », a dénoncé le député.

Cette absence de synchronisation entre recettes et dépenses alimente les soupçons d’opacité budgétaire, et renforce le sentiment d’injustice fiscale.

Colère sociale et mobilisation syndicale

La tension est telle que plus de 50 syndicats se sont rassemblés autour de l’Assemblée nationale lors du vote du PLFSS. Leurs représentants ont assisté aux débats en tribune, en signe de vigilance citoyenne. Pour Hadrien Clouet, ils incarnent « les yeux du peuple sur des députés qui s’affranchissent de leurs engagements électoraux ».

Dans ce climat tendu, la question du financement politique équitable revient au cœur du débat démocratique.