Noël 2025 : offrir de l’argent à ses proches sans impôt, c’est possible — voici jusqu’où vous pouvez aller
Sous le sapin, une enveloppe discrète. À l’intérieur, un petit coup de pouce pour les études, le permis, le premier appartement… Offrir de l’argent à ses enfants ou petits-enfants à Noël est un geste courant, sincère, et souvent très utile. Mais attention : au-delà d’un certain seuil, ce cadeau peut basculer du statut de présent d’usage à celui de donation imposable. En 2025, les règles fiscales permettent pourtant de transmettre des sommes bien plus importantes qu’on ne le croit — sans payer un centime de droits, à condition de respecter quelques règles clés.
Le présent d’usage : le cadeau de Noël idéal
L’administration fiscale tolère sans formalité les cadeaux d’argent offerts à l’occasion d’un événement familial comme Noël, à condition qu’ils soient en adéquation avec votre niveau de vie et votre patrimoine. Un retraité modeste qui offre 50 € à chacun de ses petits-enfants ? Aucun risque. Un cadre supérieur qui glisse 1 000 € dans la carte de vœux de son fils ? Toujours dans les clous.
En revanche, un don de 20 000 € à un enfant étudiant, provenant d’un parent aux revenus modestes, pourrait être requalifié en donation. Dans ce cas, l’absence de déclaration entraîne des droits de mutation, voire des pénalités. La prudence reste donc de mise.
Les abattements : transmettre jusqu’à 200 000 € sans impôt
Pour ceux qui souhaitent aider plus durablement, la loi offre des outils puissants. Chaque parent bénéficie d’un abattement de 100 000 € par enfant sur les donations. Ce plafond se renouvelle tous les 15 ans et s’applique à tous les types de biens : argent, immobilier, actions, etc.
Un couple peut donc transmettre 200 000 € à chacun de ses enfants sans déclencher le moindre droit de donation. Pour les petits-enfants, l’abattement est fixé à 31 865 € par grand-parent. Et même les arrière-petits-enfants peuvent bénéficier d’un abattement de 5 310 €.
Le don familial en espèces : un bonus fiscal méconnu
Au-delà de ces abattements, un dispositif spécifique permet d’offrir de l’argent en espèces, par chèque ou virement, sans droits supplémentaires. Appelé don familial en espèces, il autorise un don additionnel de 31 865 € par donateur et par bénéficiaire, sous trois conditions :
- Le donateur a moins de 80 ans.
- Le bénéficiaire est majeur (ou mineur émancipé).
- Le don est déclaré via le formulaire n°2735 dans le mois suivant.
Ce mécanisme est cumulable avec l’abattement classique. Exemple concret : un grand-père de 76 ans peut offrir à son petit-fils de 22 ans jusqu’à 63 730 € en 2025 — 31 865 € au titre de l’abattement + 31 865 € au titre du don en espèces — sans le moindre impôt.
Déclaration : obligatoire ou facultative ?
Pour un cadeau de Noël de quelques centaines d’euros ? Aucune déclaration n’est nécessaire. C’est un présent d’usage, et le fisc ne l’exige pas.
En revanche, dès lors que vous utilisez un abattement ou le don familial en espèces, la déclaration devient obligatoire, même si le montant est totalement exonéré. Ce simple formulaire protège votre famille en cas de contrôle fiscal futur — souvent des années plus tard.
À Noël, la générosité a sa place. Mais elle gagne à être éclairée. En 2025, la loi vous permet de soutenir vos proches bien au-delà d’un billet glissé dans une carte… à condition de jouer cartes sur table avec le fisc.
