Christine Lagarde : les revenus secrets de la patronne de la BCE dévoilés
On pensait tout savoir sur la rémunération de Christine Lagarde. Pourtant, en 2024, elle a empoché 726 000 euros — soit près de la moitié de plus que le salaire officiellement publié par la Banque centrale européenne (BCE). Derrière ce chiffre, des avantages discrets, une double casquette rémunérée… et une opacité qui interpelle.
Un salaire officiel, mais incomplet
Depuis son entrée en fonction en 2019, Christine Lagarde perçoit un traitement annuel de 466 000 euros en tant que présidente de la BCE. Un montant déjà élevé, mais loin de refléter la totalité de ses revenus. Selon une enquête du Financial Times, l’ancienne ministre de l’Économie bénéficie de prestations non incluses dans les rapports publics de l’institution.
Ces revenus complémentaires ne sont ni illégaux ni cachés au sens strict — mais ils restent absents des documents de transparence destinés au grand public.
Logement de fonction et rémunération externe
Chaque année, Christine Lagarde reçoit environ 135 000 euros d’avantages en nature, principalement pour son logement de fonction à Francfort et les frais liés à sa représentation officielle. Ces sommes, justifiées par la BCE comme nécessaires à l’exercice de ses fonctions, ne figurent pas dans le salaire affiché.

Par ailleurs, en tant que membre du conseil d’administration de la Banque des règlements internationaux (BRI), elle touche une rémunération annuelle de 125 000 euros. Cette institution, basée à Bâle, coordonne les politiques monétaires mondiales. Son rôle y est légitime — mais cette rémunération n’apparaît nulle part dans les comptes annuels de la BCE.
Une rémunération quatre fois supérieure à celle de la Fed
À titre de comparaison, Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine, perçoit un salaire plafonné à 203 000 dollars — soit environ 172 720 euros. Christine Lagarde gagne donc plus de quatre fois ce montant. Une disparité qui souligne les différences de cadre réglementaire entre les deux zones économiques.
Des critiques sur la transparence européenne
Cette situation alimente les critiques sur le manque de transparence des institutions européennes. Alors que les entreprises cotées doivent divulguer les rémunérations complètes de leurs dirigeants, la BCE, en tant qu’entité supranationale, échappe à ces obligations.
L’eurodéputé Fabio de Masi résume le malaise : « La fonctionnaire la mieux payée de l’UE doit incarner l’exemplarité. » Une exigence d’autant plus forte dans un contexte de rigueur budgétaire et de méfiance croissante envers les élites.
Un pactole sur huit ans
Sur l’ensemble de son mandat (2019–2027), Christine Lagarde pourrait percevoir près de 6,5 millions d’euros entre salaire, avantages et indemnités de départ. À partir de 2030, elle bénéficiera aussi d’une pension annuelle d’environ 178 000 euros — indexée sur l’inflation.
Pour rappel, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, gagne 21 % de moins que Lagarde, même en se basant uniquement sur le salaire déclaré.
Transparence ou opacité institutionnelle ?
Derrière cette affaire se cache une question plus large : dans une Union qui prône la responsabilité démocratique, pourquoi les citoyens n’ont-ils pas accès à la rémunération complète de leurs plus hauts représentants ?
Quand la BCE augmente les taux d’intérêt, chaque ménage sent l’effet. Mais qui contrôle vraiment ce que gagne celle qui tire les ficelles ?
