Scène surréaliste : comment une fake news de coup d’État à l’Élysée a semé la panique jusqu’en Afrique
Un simple fake news relayé sur les réseaux sociaux a suffi à inquiéter un chef d’État africain au point d’alerter directement Emmanuel Macron. Le président français a raconté cet épisode étonnant à Marseille, révélant comment une rumeur de coup d’État à l’Élysée a fait le tour du monde sans que Facebook n’accepte de la retirer. Cette histoire illustre de manière frappante la puissance de la désinformation en ligne et les limites des géants du numérique face aux fausses informations.
Un échange avec les lecteurs de La Provence à Marseille
Le 16 décembre 2025, Emmanuel Macron participait à une rencontre avec des lecteurs du quotidien La Provence, à Marseille. L’entretien portait largement sur la place et la responsabilité des réseaux sociaux dans la diffusion de contenus trompeurs.
Pour illustrer ces enjeux, le chef de l’État a choisi un exemple tout récent, révélateur des risques politiques et diplomatiques liés à une simple vidéo virale. La scène décrite par Macron montre comment une rumeur en ligne peut se transformer en source de tension internationale.
Le message alarmé d’un président africain
Séquence hallucinante ! @EmmanuelMacron apprend que dimanche il y avait un coup d’Etat en France par un chef d’Etat africain lu via Facebook écoutez la suite ca fait froid dans le dos 🥹
— 📣🇫🇷MacronardsFM 📻📣📻 (@MacronardsFM) December 16, 2025
Selon Emmanuel Macron, tout commence un dimanche. Ce jour-là, il reçoit un message d’un de ses homologues africains, visiblement très préoccupé par la situation en France.
- Le président africain lui écrit pour lui dire qu’il est « très inquiet ».
- À l’origine de cette inquiétude : une vidéo circulant sur Facebook.
- Cette vidéo prétend qu’un coup d’État en France a eu lieu et qu’un colonel aurait pris le pouvoir à l’Élysée.
La scène montre une journaliste filmée à proximité de l’Élysée, affirmant qu’un changement de régime a eu lieu. La vidéo, selon Macron, avait déjà cumulé environ douze millions de vues, preuve de son caractère viral.
Une fausse information vue 12 millions de fois, mais jugée acceptable par Facebook
Emmanuel Macron explique qu’en France, cette vidéo prête plutôt à sourire tant elle paraît invraisemblable. Mais pour un partenaire étranger qui ne dispose que de ce contenu comme source d’information, la situation semble sérieuse.
Face à cette désinformation, le président français demande à ses équipes de signaler la vidéo. La plateforme Pharos, dédiée aux signalements en ligne, contacte alors Facebook pour demander le retrait de cette fake news de coup d’État.
Le refus net de la plateforme américaine
La réponse de Facebook, rapportée par Emmanuel Macron, est claire : « cela ne contrevient pas à nos règles d’utilisation ». La demande de retrait est donc refusée, malgré l’inquiétude d’un chef d’État étranger et l’intervention du président français lui-même.
Macron souligne ce paradoxe : même un président de la République, qui estime disposer de moyens de pression supérieurs à ceux d’un citoyen ordinaire, se retrouve impuissant face aux règles internes d’une plateforme privée. Selon lui, le cas montre la difficulté à faire respecter la réalité face à des contenus viraux construits pour capter l’attention.
La désinformation politique et la régulation des réseaux sociaux en 2025
Cette anecdote s’inscrit dans un débat plus large que Macron souhaite relancer : celui du durcissement de la loi contre les fausses informations politiques, en particulier lorsqu’elles touchent au pouvoir d’État, au financement politique ou aux grandes réformes. Les rumeurs autour d’un supposé coup d’État à l’Élysée ne sont qu’un exemple d’une tendance de fond.
En 2025, la question de la régulation des réseaux sociaux prend une dimension stratégique. Rémunération des élus, salaire d’un député, fonctionnement des institutions, chaque sujet peut devenir le terrain d’une campagne de désinformation virale. La diffusion massive de contenus trompeurs génère de l’engagement, des commentaires, et parfois des tensions diplomatiques, sans véritable contrôle démocratique.
Un appel à plus de responsabilité des plateformes
Emmanuel Macron insiste sur la nécessité pour les grandes plateformes numériques d’assumer davantage de responsabilités. Pour lui, l’exemple du fake news coup d’État en France montre que les intérêts économiques et l’algorithme de viralité priment encore trop souvent sur la fiabilité de l’information.
La France, comme d’autres pays, cherche à adapter son cadre législatif. L’objectif est de mieux encadrer la circulation de contenus manifestement faux, en particulier lorsqu’ils peuvent affecter la stabilité politique, la confiance dans les institutions ou les relations internationales. Entre liberté d’expression et lutte contre la désinformation en ligne, l’équilibre reste difficile à trouver.
