Ce que la pension alimentaire ne couvre absolument pas, selon une mère de cinq enfants
Une vidéo festive sur Instagram a déclenché une tempête de jugements. Pourquoi ? Parce qu’une mère séparée a offert un smartphone à sa fille à Noël. Immédiatement, les commentaires accusateurs ont fusé : « C’est la pension alimentaire qui paie, hein ? » Ce genre de réflexe n’est malheureusement pas isolé. Il révèle une méconnaissance profonde — et souvent blessante — de la réalité financière des mères célibataires en France.
Qui est Ambre Dol et pourquoi cette réaction ?
Ambre Dol, connue du grand public grâce à l’émission Familles nombreuses : la vie en XXL, élève seule ses cinq enfants. Active sur Instagram, elle partage des moments du quotidien sans tabou. Ce 25 décembre 2025, elle filme sa fille déballer un nouveau téléphone. Un instant innocent, vite empoisonné par un commentaire insinuant que ce luxe venait de l’argent de l’ex-conjoint.
Agacée, mais lucide, Ambre a répondu publiquement. Pas seulement pour elle — mais pour toutes les femmes qui subissent ce genre de stigmatisation silencieuse. Elle tient à rappeler une vérité simple : la pension alimentaire n’est ni une manne, ni un chèque en blanc.
La pension alimentaire, une « carte Gold » ?
« Dans l’imaginaire collectif, une pension, c’est une carte Gold illimitée », écrit-elle avec ironie. Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes. En France, le montant moyen d’une pension alimentaire mensuelle s’élève à environ 170 euros par enfant. À peine de quoi couvrir les frais de cantine, les fournitures scolaires ou une paire de chaussures.
Ambre précise même qu’elle ne reçoit aucune pension alimentaire pour cette adolescente — pourtant à sa charge à temps plein. Son message vise donc bien au-delà de son cas personnel : il dénonce un préjugé tenace et profondément injuste.
Le coût réel de l’éducation d’un enfant seul
Entre le loyer, l’alimentation, les soins médicaux, les activités extrascolaires et les imprévus du quotidien, le budget d’un parent solo explose rapidement. Et ce, même avec une pension alimentaire régulière — ce qui n’est pas toujours garanti. Près d’un quart des parents débiteurs ne versent rien, malgré une obligation légale et une capacité financière avérée.
À cela s’ajoute une charge mentale invisible : organiser les rendez-vous, anticiper les besoins, gérer les urgences… « Mais ça, c’est gratuit quand on est une maman », souligne Ambre avec amertume.
Pourquoi ce débat est-il si révélateur ?
Certains commentaires trahissent une vision déformée de la séparation. Comme si payer une pension était un « sacrifice héroïque », donnant droit à contrôler comment l’argent est utilisé. Or, rappelle Ambre, verser une pension alimentaire n’est ni un geste de générosité ni un ticket d’entrée pour juger. C’est une obligation légale — et une reconnaissance minimale de la responsabilité parentale partagée.
Dans 85 % des familles monoparentales françaises, ce sont des femmes qui assument seules l’éducation au quotidien. Leur réalité exige solidarité, non suspicion.
