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“L’Algérie n’est pas une nation” : la déclaration explosive d’Éric Zemmour qui relance un vieux débat

À quelques jours de Noël 2025, Éric Zemmour fait à nouveau trembler la sphère médiatique. Dans un entretien sans concession, le leader de Reconquête a balayé d’un revers de main l’existence même de la nation algérienne. Une sortie qui résonne bien au-delà du débat historique – elle touche à la mémoire, à l’identité, et à la manière dont la France regarde son passé colonial.

Une thèse historique contestée, reprise à des fins politiques

“L’Algérie n’est pas une nation”, a-t-il affirmé sans hésitation. Selon lui, ce territoire n’aurait jamais connu de structure étatique ou identitaire autonome avant la colonisation française. Pour appuyer son raisonnement, il cite Ferhat Abbas, ancien président du GPRA, qui, dans les années 1950, aurait déclaré n’avoir “jamais vu la nation algérienne” lors de ses voyages à travers le pays.

Mais cette citation, arrachée à son contexte, omet un détail crucial : Abbas a lui-même évolué, reconnaissant plus tard la naissance d’une conscience nationale algérienne forgée dans la lutte contre l’occupation. Zemmour, lui, fige l’histoire dans une vision essentialiste, où la nation ne pourrait exister que si elle est millénaire et homogène.

La guerre d’indépendance, “rien de glorieux” selon lui

Le polémiste va plus loin. Il rejette l’idée même d’une guerre d’indépendance algérienne digne de ce nom. “Il n’y a pas de Dien Bien Phu algérien”, martèle-t-il, minimisant le rôle militaire du FLN. Pour lui, les indépendantistes n’étaient pas des combattants, mais des “terroristes” ciblant des civils dans les rues d’Alger ou dans des salles de cinéma.

Cette vision efface délibérément les opérations militaires organisées, les négociations diplomatiques, et surtout le soutien massif de la population. Elle réduit un conflit complexe à une seule dimension : la violence aveugle. Une simplification qui, en 2025, ravive les tensions entre mémoires antagonistes.

Pourquoi ces propos font-ils autant de bruit aujourd’hui ?

Parce qu’ils ne parlent pas seulement du passé. Ils interviennent dans un présent marqué par des débats sur l’immigration, l’islam en France, et la place des descendants de colonisés dans la République. En niant la légitimité historique de l’Algérie, Zemmour s’inscrit dans une logique où l’identité nationale française doit être protégée – selon lui – contre toute altérité post-coloniale.

Et c’est précisément cette instrumentalisation de l’histoire qui choque autant qu’elle mobilise. Car derrière la question “l’Algérie est-elle une nation ?” se cache une autre interrogation, plus actuelle : “Qui a le droit d’appartenir à la France d’aujourd’hui ?”