Actu

La colère des agriculteurs dégénère : armes pointées sur un tracteur dans le Gers

Une scène digne d’un film, mais qui s’est déroulée en plein centre d’Auch. Samedi 27 décembre 2025, un tracteur a bloqué une artère stratégique près de la place de Verdun, aspergeant au passage la façade du journal La Dépêche du Midi. Face à ce défi à l’ordre public, les policiers présents n’ont pas hésité : ils ont dégainé leurs armes. Pas pour tirer — mais pour faire cesser une action devenue incontrôlable.

Qui était au volant de ce tracteur ?

Un agriculteur, membre d’un mouvement de protestation en colère contre les politiques agricoles actuelles. Il refusait de bouger, malgré les sommations répétées des forces de l’ordre. Son tracteur, équipé d’une épandeuse, servait non seulement de barricade, mais aussi d’outil de dégradation ciblée. Une provocation assumée, dans un contexte de tensions agricoles en France de plus en plus tendues.

Pourquoi ici, et pourquoi maintenant ?

Le Gers, cœur historique de l’agriculture française, vit depuis des semaines une montée en puissance des manifestations paysannes. Les blocages, les dégradations et les appels à la mobilisation se multiplient. Ce samedi, la goutte d’eau a été la perception d’un traitement injuste par les médias. D’où l’attaque symbolique contre La Dépêche du Midi — perçu comme un relais des politiques décriées.

La réponse des forces de l’ordre

Face à l’obstination du conducteur, les agents ont dû recourir à la dissuasion armée. Des images fortes ont circulé : CRS en position, policiers pointant leurs armes, tracteur immobile au milieu de la chaussée. La préfecture du Gers a confirmé l’incident dans un communiqué sobre, soulignant la nécessité de « restaurer l’ordre sans recourir à la violence physique ».

La réaction syndicale : indignation et solidarité

La Coordination rurale a immédiatement condamné l’attitude des policiers : « On pointe une arme sur celui qui vous nourrit chaque jour ? C’est honteux ! » Le message, posté sur Facebook, a suscité une vague de commentaires. D’un côté, ceux qui voient dans les agriculteurs des héros oubliés. De l’autre, ceux qui estiment que la loi s’applique à tous — même aux manifestants en colère.

Un incident isolé ou le début d’une escalade ?

Ce type de confrontation n’est pas sans précédent. Pourtant, le recours visible aux armes contre un tracteur marque un tournant. En cette fin 2025, alors que la crise agricole hiver 2025 s’aggrave, chaque geste compte. Et chaque image circule. Ce tracteur, figé sous la menace, devient un symbole : celui d’un monde rural qui ne veut plus se taire.