Incendie à Crans-Montana : le cri d’un père qui a tout osé pour sauver des vies
Paolo : un citoyen, un héros
Paolo ne portait ni casque ni uniforme. Il n’était là que parce que sa fille se trouvait dans le bar. Informé par téléphone, il a foncé sur place avec sa femme Giulia et leur fils Gianni. Sans plan, sans consigne — seulement avec l’urgence du moment.
Il a d’abord réussi à faire sortir une dizaine de jeunes. Puis, apercevant une autre issue, il a tenté de l’ouvrir. La porte ne cédait pas. “Elle était bloquée par quelque chose”, dit-il. Ce “quelque chose”, il ne l’a compris que trop tard : des corps sans vie.
Le moment où tout bascule
Un inconnu l’a rejoint. Ensemble, ils ont tiré de toutes leurs forces. La porte s’est enfin ouverte. “C’est à ce moment-là que les corps sont tombés”, raconte Paolo, la voix éteinte. Derrière ce seuil, des victimes piégées par la fumée et les flammes.
Une famille mobilisée, un front uni
Giulia, infirmière de formation, a immédiatement prodigué les premiers soins. Elle se souvient des visages marqués par la terreur, des adolescents hurlant qu’ils ne voulaient pas mourir. “C’étaient tous des enfants”, répète-t-elle, comme pour s’en convaincre elle-même.
Gianni, 19 ans et membre de la protection civile, a quant à lui aidé à évacuer les blessés. Il a vu des scènes qui marquent à vie. “Je ne me rends pas encore bien compte”, admet-il, alors que des proches l’encouragent à consulter un psychologue.
Un drame national aux résonances européennes
L’incendie de Crans-Montana n’est pas qu’un fait divers suisse. Il interroge l’ensemble des pays alpins sur leurs dispositifs de sécurité incendie dans les établissements recevant du public — surtout en période de forte affluence.
Les enquêteurs cherchent encore l’origine de l’incendie. Mais déjà, des voix s’élèvent pour exiger un audit national des lieux festifs en station de ski.
Pourquoi ce sauvetage inspire autant ?
Parce qu’il naît de l’instinct, non du protocole. Parce qu’il montre que, même face au pire, l’humain peut choisir l’action plutôt que la peur. Paolo, Giulia et Gianni n’ont pas attendu les secours. Ils sont devenus les secours.
Leur courage rappelle une vérité simple : les vrais héros ne portent pas de cape. Ils portent un téléphone, un manteau, et l’amour de leurs proches.
